Faut il un permis pour pêcher en mer : guide complet

Eau salée

Damien

L’article en bref

La pêche en mer de loisir ne nécessite pas de permis en France, mais elle reste strictement encadrée. Découvrez les règles essentielles à connaître avant de jeter votre ligne.

  • Pas de permis requis, mais des quotas et tailles minimales obligatoires selon les espèces (bar : 42 cm, 3 poissons/jour en Atlantique)
  • Les zones protégées (parcs naturels marins, Natura 2000) imposent des restrictions spécifiques et couvrent 23 % des eaux françaises
  • Immatriculation du bateau obligatoire et déclaration annuelle pour les espèces sensibles depuis 2013-2020
  • Non-respect des règles : amendes jusqu’à 22 500 euros. Consultez la Fédération Française des Pêcheurs en Mer avant chaque sortie

Chaque été, des milliers de Français attrapent une canne et filent vers la côte, convaincus qu’il suffit d’un hameçon et d’un peu de patience. Puis vient la question qui fait tiquer : faut-il un permis pour pêcher en mer ? Je me souviens d’un client qui m’avait demandé la même chose au rayon aquariophilie, avant ses vacances en Bretagne. Il était persuadé que la mer était « libre ». Pas tout à fait.

Pêcher en mer sans permis : ce que dit vraiment la loi

Bonne nouvelle pour commencer. En France, la pêche en mer de loisir ne nécessite pas de permis au sens strict du terme, contrairement à la pêche en eau douce. Pas de carte de pêche à acheter, pas de cotisation à une fédération. C’est une liberté qui surprend, mais elle existe bien.

Pour autant, « sans permis » ne veut pas dire « sans règles ». La pêche maritime de plaisance est encadrée par le Code rural et de la pêche maritime, ainsi que par des arrêtés préfectoraux locaux. Ces textes fixent des limites précises selon les espèces, les zones et les pratiques.

Les quotas et tailles minimales à respecter

C’est là que ça se complique. Chaque poisson pêché doit respecter une taille minimale de capture. Le bar européen, par exemple, ne peut pas être conservé en dessous de 42 cm en Atlantique et en Manche. Ces seuils visent à protéger les juvéniles et à préserver les stocks.

Côté quantités, des limites de captures ont été instaurées depuis 2019 par décret. Voici les plafonds journaliers pour quelques espèces courantes :

  1. Bar européen : 3 poissons par personne et par jour
  2. Maquereau : 20 poissons par personne et par jour
  3. Thon rouge : 1 poisson par bateau et par sortie

Ces chiffres peuvent évoluer chaque année selon les recommandations scientifiques. Je conseille toujours de vérifier auprès de la Direction des Affaires Maritimes locale avant de partir en mer, car les règles changent plus vite qu’on ne le croit.

Les zones interdites ou réglementées

Certaines zones côtières sont protégées. Les parcs naturels marins, les réserves biologiques, ou encore les secteurs classés Natura 2000 imposent des restrictions spécifiques. En Méditerranée notamment, les règles diffèrent sensiblement de celles en vigueur en Atlantique ou en Manche.

Les Aires Marines Protégées couvrent aujourd’hui environ 23 % des eaux françaises. Dans ces zones, certaines espèces sont strictement interdites à la capture. D’autres techniques de pêche, comme la chasse sous-marine, peuvent être totalement prohibées selon les secteurs.

La déclaration obligatoire pour les pêcheurs embarqués

Si vous pêchez depuis un bateau de plaisance, une obligation s’ajoute depuis 2013 : l’immatriculation du navire auprès des Affaires Maritimes. Ce n’est pas un permis de pêche à proprement parler, mais c’est une formalité essentielle. Sans elle, vous risquez une amende.

Depuis 2020, une déclaration annuelle des captures est également demandée pour certaines espèces sensibles, spécialement le thon rouge. Cette mesure, coordonnée à l’échelle européenne, permet de mieux gérer les stocks en mer Méditerranée et en Atlantique Nord-Est.

Zone maritime Permis requis ? Déclaration obligatoire ? Organisme compétent
Atlantique / Manche Non Oui (espèces sensibles) Direction des Affaires Maritimes
Méditerranée Non Oui (thon rouge notamment) DDTM locale
Zones protégées (AMP) Accès restreint Variable Parc naturel marin concerné

Quand la réglementation va plus loin : cas particuliers et sanctions

Quelques situations méritent une attention particulière. La pêche sous-marine, par exemple, obéit à des règles encore plus strictes. Elle est interdite la nuit, dans un rayon de 150 mètres autour des ports et des plages surveillées, et les pêcheurs doivent obligatoirement être en apnée. Pas de bouteille, pas d’exceptions.

Les coquillages et les oursins ne sont pas en reste. La récolte de moules, huîtres sauvages ou palourdes est soumise à des arrêtés préfectoraux qui varient selon les départements côtiers. J’ai vu des gens récupérer des huîtres sauvages pensant que c’était totalement libre… ce n’est pas toujours le cas, surtout dans les zones proches des parcs ostréicoles professionnels.

Les infractions et leurs conséquences réelles

Ne pas respecter les tailles minimales ou les quotas expose à des amendes pouvant atteindre 22 500 euros, selon l’article L945-4 du Code rural et de la pêche maritime. Les contrôles sont réalisés par les agents des Affaires Maritimes, les officiers de police judiciaire et occasionnellement la gendarmerie maritime.

Ces sanctions ne sont pas théoriques. En 2022, plusieurs pêcheurs de loisir ont été verbalisés en Vendée pour non-respect des tailles de bars. La pêche durable, c’est aussi une responsabilité individuelle. Moi, j’y crois sincèrement, comme pour la préservation des aquariums naturels que sont nos côtes.

Anticiper avant de partir : les bons réflexes

Avant chaque sortie, je recommande de consulter le site de la Fédération Française des Pêcheurs en Mer (FFPM), qui recense les réglementations par façade maritime. Les préfectures maritimes publient également leurs arrêtés en ligne, souvent mis à jour en début de saison.

L’application mobile « Pêche en mer », développée avec le soutien du ministère de la Mer, centralise les informations essentielles : espèces, tailles, quotas, zones protégées. Pratique, claire, et régulièrement actualisée. Un outil que je recommande, même aux pêcheurs aguerris.

Sources : wiki aquaculture | wiki pisciculture

Laisser un commentaire